Jour 312-bis
J’installe Alice dans sa poussette et cale Marcel dans ses bras. J’ai la gourde, la chaussette-masque, le stylo perso, les moufles, le gel hydromachin senteur mangue des bois, le chapeau de safari. Bref, je sors pendant le Covid.

La pénétrante est vide. Je m’attends à voir Rick s’éloigner d’Atlanta sur son cheval.
Alice croise un pote.
À la Marmite, ça sent le déconfinement et le rôti de porc.
Echappés des silos environnants, des grains de blé ont pris racine. C’est joli et ça cache les mégots.
J’aperçois des copains.
Pouf ! une bière apparaît.
On en finit plus de partager nos bons plans de jardins taillés au cordeau et de coupes de cheveux approximatives.
Je file chez Mathilde, chasser la betterave et le pissenlit. J’attrape au vol une dorade. Je suis déjà à la bourre.
De retour sur le pont, je réalise avec horreur que Marcel a disparu.
Je tente de négocier.
Alice reste inflexible. Demi-tour.
La Station, le pont, les archis, Pesk, la Marmite. Pas de Marcel.
C’est vrai qu’un pintxo calamar-féta-rillettes-mousse au chocolat, ça console.
La Cambuse, Le Comptoir d’ici, La Colloc, la Marmite, le…
Marcel ! Marcel est là, glissé entre les barreaux d’un balcon. Il a pris un peu cher et il a l’air louche, mais c’est bien lui.
Allez, on remballe et on file manger des pintxos.